Photo : © Borealis © Benjamin Le Bellec
— Publié le 21 septembre 2021 —
Tous ensemble, partager le même ciel
Retour sur l'installation artistique "Borealis" de Dan Acher

Pendant le festival, l’artiste suisse Dan Acher a créé des aurores boréales en centre-ville de Rennes. Borealis, deux fois reporté à cause de la situation sanitaire, a été pour Les Tombées de la Nuit le signe du retour à la nuit, en même temps que celui du jour nouveau.

Le ciel se teinte de volutes vertes et bleues qui dansent. Waw ! Sans prévenir, mon cœur fait un joyeux petit bond. Impossible de réprimer un sourire.

« Le rendu esthétique de mes œuvres n’est pas ma préoccupation première. C’est vraiment l’émotion que vont vivre les gens qui m’importe, explique Dan Acher, « artiviste » et créateur de Borealis. Dans mes recherches, j’ai remarqué que les aurores boréales avaient cette capacité à créer un sentiment de magie, d’extraordinaire. Une sensation d’être lié à quelque chose de beau et de fort qui nous dépasse. Or le pourcentage de gens qui verront une aurore boréale dans leur vie est proche de zéro. J’ai donc eu envie d’en recréer, pour en offrir aux gens. « 

Jamais avant je ne m’étais vraiment arrêtée sur l’Esplanade Charles-de Gaulle. Jamais avant, c’est sûr, je ne m’y étais allongée pour regarder le ciel.

Avant Rennes, Borealis a déjà illuminé 11 villes de 7 pays différents. Toujours en centre-ville. « Car c’est là que se concentre la population », explique Dan Acher. Le jour, l’esplanade sert de parking au centre de vaccination Covid installé au Liberté. La nuit, l’aurore l’a métamorphosée. « Ces lieux pensés pour être efficaces, je propose aux habitants d’y vivre quelque chose de complètement différent. »

Borealis © Benjamin Le Bellec
Borealis © Nicolas Joubard

Allongée, j’entends des jeunes, des vieux, parler autour de moi. En français, en arabe, en anglais. Le murmure ne m’agresse pas, il m’enveloppe tranquillement.

Avec Borealis, Dan Acher a voulu créer une situation où spectatrices et spectateurs se sentent appartenir à la même communauté d’humains. Peu importe les différences, tous embarquent ensemble dans la même aurore : « Je crois que finalement, notre but à toutes et tous est de nous sentir liés aux autres, d’aimer et d’être aimés. C’est joyeux de savoir que l’on peut tous accéder à cela. Et c’est désespérant de constater que ce n’est pas simple d’y arriver. Borealis est une porte d’entrée vers ce sentiment. »

Les yeux vers le ciel, je me demande… avec ce climat qu’on détraque, est-ce qu’on verra bientôt de vraies aurores surgir en France ?

Pour certains spectateurs, Borealis amène à la pure contemplation : Ils se laissent emporter par la musique de Guillaume Desbois, les lasers colorés et les nuages de fumée qui créent l’illusion. « Selon le vent, la température, l’humidité, l’aurore n’est jamais la même. J’aime cette idée qu’on ne maîtrise pas la météo. » Pour d’autres, Borealis agit comme une graine qui appelle réflexion. « L’art a toujours été utilisé pour créer du changement, sourit Dan. Oui, Borealis pose la question du dérèglement climatique. D’un équilibre que les humains, en 2000 ans, ont bouleversé. Peu à peu nous comprenons que tout est relié ».

Audrey Guiller

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