Photo : © Métamorphées © Anne-Cécile Esteve
Métamorphées
ou l’éloge de l’aube

Anne-Cécile Esteve (France)

Au commencement, Métamorphées était une affaire personnelle : la photographe Anne-Cécile Esteve s’amusait à photographier, au saut du lit, les amis et la famille de passage chez elle. Exercice souvent complexe, parfois impossible, réalise-t-elle.

Puis vient l’idée de transformer cet exercice en travail photographique sur le rapport à l’image de soi à travers la phase de réveil, de saisir des visages « hors contrôle », ceux-là même qu’on ne dévoile que dans la sphère intime.

Des portraits en noir et blanc, sur fond noir, une lumière de studio, ces visages pleins de sommeil méritent la même attention que les glamoureux portraits Harcourt. 

Des proches de la photographe, des inconnus aussi se prennent au jeu. Anne-Cécile Esteve dort chez eux ou les accueille chez elle. Avant la nuit, elle monte son studio photo, cale la lumière pour que dès le matin, la phase de réveil opère immédiatement devant son objectif.

Ce qu’elle effleure avec Métamorphées est de l’ordre de l’intime : ce passage très bref d’un état de conscience à un autre, au cours duquel l’esprit n’a plus de contrôle. Le corps s’exprime, se contorsionne, les mains touchent, frottent, caressent. C’est une métamorphose, une mue au sortir de la phase paradoxale.

Témoin de ce moment fugace, Anne-Cécile Esteve tente de toucher, du bout des doigts, un peu de cette grâce fragile qui sommeille en chacun de nous. 

Des rencontres entre l’artiste et quelques modèles potentiels sont actuellement en cours. Ce travail fera l’objet, fin décembre, d’une exposition présentée par Les Tombées de la Nuit. À suivre.

Plus de renseignements auprès d’Alice Butet • abutet@lestombeesdelanuit.com

LES TOMBÉES DE LA NUIT sont soutenues par La Ville de Rennes, La Région Bretagne, Le Département Ille-et-Vilaine et Le Ministère de la Culture.

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