Photo : Red © Samuel Lebon
Red
(France)
Post blues-folk bricolo et essentiel
À l'entrée du siècle, alors installé entre Rennes et Villeurbanne, Olivier Lambin devenait véritablement Red par la magie d'un seul album enregistré à la maison, Felk, ovni blues-folk-électro bricolé, américanophile et inclassable, qui défraya la chronique en faisant grand boucan. Dix-sept ans plus tard, et après une impressionnante série d'albums et de side-projects (dont le ciné-concert footballistique Séville présenté aux Tombées de la Nuit), le chanteur guitariste lillois donne une suite à son chef-d'œuvre avec Felk Moon, clin d'œil au diptyque Harvest (1972) et Harvest Moon (1992) de Neil Young. Même urgence tranquille, même artisanat d'art, même attention maniaque aux détails derrière cette voix caverneuse d'écorché vif qui continue à chavirer l'âme.

Il y a bientôt deux ans, en rangeant son grenier lillois, Red retombe par hasard sur un CD de pistes électroniques bricolées à l’époque de Felk. Il n’en faudra pas plus pour qu’il se lance dans une suite, dix-sept années plus tard. Dès l’ouverture de Felk Moon, la voix de sa fille Margot à trois, puis à vingt ans, marque l’intervalle temporel. Hypnotique, fragile et hâbleur, lent et cavaleur, il poursuit sa route en chansons, et avec une mélancolie sans amertume, rend hommage aux amis disparus (saluons ici le regretté Tonio Marinescu qui travailla longtemps comme batteur avec lui).

Avec sa voix grave de crooner blessé à la Kurt Wagner (Lambchop), son électro bricolée comme de l’art brut, son culte des guitares acoustiques à la Swell et des glissements bruitistes et improvisées, Red nous est revenu tel qu’en lui-même, retrouvant au passage Quentin Rollet (Bisou Records) pour la suite du label Rectangle qui avait édité Felk. Reprenant l’idée amorcée pour son The Nightcrawler (2011), Felk Moon est aussi l’occasion folle pour le chanteur d’illustrer de sa main chacune des pochettes vinyles, en édition standard, or ou sanguine.

Du bel artisanat d’art et un grand moment en perspective.

BIOGRAPHIE

Amorcé avec le rock’n roll décadent de La Cuve à Annecy, la longue transformation d’Olivier Lambin en Red est passée par Rennes et sa rencontre avec le saxophoniste free Philippe Tessier. D’abord pour ce disque live au Jardin Moderne Noël Akchoté vs Red (1997), puis l’enregistrement maison de Felk à Villeurbanne, sorti chez Rectangle en 2000. Les concerts et un début de reconnaissance sont au rendez-vous et il enchaîne avec Song from a room, hommage à Leonard Cohen, puis les invités pléthoriques de 33 (2002). Continuant à fricoter avec le milieu des musiques improvisées (Akchoté, Pauvros), il sort Nothing to celebrate (2006) pour des duos avec Laetitia Sheriff et Bonnie Prince Billy, puis Social Hide and Seek (2008), s’attaque au solo The Nightcrawler aka Red (2010) et à la création du ciné-concert Séville 82 (2011), avant de fonder à Lille le groupe funk futuriste Bodybeat (deux albums). Insatiable, inclassable et généreux, Red revient, avec Felk Moon, à ses premiers amours acoustiques.

DISTRIBUTION

Guitares, machines, voix et composition : Red (Olivier Lambin)

vendredi 05 juillet 2019
19:00 > 20:00
Cloître de L’Église Saint-Mélaine, Rennes

1h
Gratuit
Tout public
cognitif moteur def_visuel
Cloître de L’Église Saint-Mélaine, Rennes
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