Photo : © La Kermesse © Benjamin Le Bellec
Par un pluvieux dimanche d’hiver…

En janvier et novembre derniers, Les Tombées de la Nuit ont organisé deux Dimanche à Rennes avec les Ateliers du Vent. L’hiver n’est pas un frein. Même pour des propositions en extérieur.

« Avant de mourir, je voudrais… » : « aller au Japon », « voir l’interdiction de la chasse à courre », « épouser encore ma femme ». Malgré quelques gouttes de pluie, des Rennais écrivent à la craie leurs rêves sur le mur de Before I die, performance imaginée par l’Américaine Candy Chang. Ce dimanche de novembre, Les Tombées de la Nuit ont investi un mur proche des Ateliers du Vent et ont soutenu le collectif dans l’organisation de leur Vilaine frayeur : une journée de musique, théâtre d’objets et impromptus sous le signe d’Halloween. En janvier dernier, Tombées de la Nuit et Ateliers avaient déjà collaboré pour un autre Dimanche à Rennes : La Kermesse pyrotechnique de la compagnie La Machine.

Before I die © Nicolas Joubard
La Kermesse © Benjamin Le Bellec

L’hiver, et alors ? Les deux événements ont attiré beaucoup de monde. « On a été un peu surpris, reconnaît l’équipe des Tombées de la Nuit. Mais les gens sortent ! La saison n’est pas un frein. C’est inspirant, pour imaginer des événements d’hiver, et pas forcément à l’abri. »

Pluie et chaleur. « Il peut faire 13 degrés et pleuvoir en juillet. Alors pourquoi ne rien faire en janvier ? », approuve Bouèb, coordinateur du collectif d’artistes des Ateliers du Vent. De fait, la pluie s’est invitée aux deux dimanches. « Cela nous pousse à imaginer des événements artistiques qui soient aussi chaleureux et conviviaux. La Kermesse était pétillante, avec de l’ambiance, des flammes, des chocolats chauds. »

Nouvelles têtes. Bouèb remarque que les dimanches attirent vraiment, aux Ateliers, des personnes jamais venues auparavant : « C’est le jour où la curiosité est possible. Les gens osent tenter. Ils se disent : « Si c’est nul, c’est pas grave parce c’est dimanche. On n’aurait rien fait sinon. »

Bousculer. Pour lui, programmer des événements même les dimanches d’hiver, ce n’est pas remplir un agenda d’offres culturelles 7j/7 et 24h/24. « Il s’agit de chambouler les habitudes : les horaires, les lieux, les propositions artistiques, les rapports au public. C’est comme ça qu’on éveille l’esprit critique et qu’on rend possible le changement. »

Mise en danger. La météo d’hiver bouscule les artistes aussi. Elle peut être inconfortable, peu rassurante. « C’est un défi, admet Bouèb. Mais un repli imprévu crée un élan, une sincérité. Tout le monde s’adapte pour que le spectacle ait lieu. Ça devient exceptionnel. »

Souffle rennais. Des dimanches à Rennes, il y en a toute l’année, même l’hiver. Les partenariats qu’ils entraînent créent un élan au long cours. « C’est exemplaire, poursuit Bouèb, cette possibilité de collaboration entre grosses organisations culturelles et collectifs et associations de plus petite échelle. C’est un souffle hyper important pour Rennes, surtout qu’actuellement, les directions d’institutions culturelles se renouvellent ».

Audrey Guiller

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