Photo : © Palpitations Nocturnes © Benjamin Le Bellec
Des lunettes pour Les Œils et les cœurs
Retour sur l'installation Palpitations Nocturnes

En janvier, sur le chantier de l’Hôtel Pasteur, le collectif Les Œils a mis en lumières un échafaudage de la société rennaise SNPR, également partenaire de la création. La performance ne prenait sens qu’avec un accessoire indispensable : des lunettes magiques.

Des lunettes en carton

Nuit de janvier, quai Dujardin, à Rennes. Une foule s’est rassemblée devant l’Hôtel Pasteur, en travaux pour se transformer en école et en quartier général culturel et associatif. Tous les regards sont tournés vers des lumières clignotantes sur un échafaudage… Sur le nez, chaque spectateur porte des lunettes magiques qui transforment tout point lumineux en cœur coloré. C’est Palpitations nocturnes, une installation imaginée par le collectif rennais Les Œils, avec Les Tombées de la Nuit. Pour jouer encore plus avec la ville, Les Tombées de la Nuit ont proposé à une série de commerçants complices du quartier de vendre les montures en carton pour 1 €.

Des lunettes d’opticien

Nathalie Hébert, responsable du magasin d’Optique « Venez Voir », a été ravie de vendre ces lunettes d’un nouveau style : « Ça a du sens, car l’œuvre se base sur un vrai phénomène optique. Et puis l’installation était super : jolie, ludique. Une belle façon de rendre un échafaudage attirant. Des expériences drôles et innovantes, qui fédèrent ainsi la ville, ça donne forcément envie de les soutenir. » L’opticienne a offert des lunettes à ses clients, les invitant à pousser jusqu’à Pasteur. L’expérience a parfois commencé sous le grand lustre à pampilles de la boutique. « Ce qui est drôle, c’est que dans notre matériel d’optométriste, on utilise un prisme dont le principe est le même que celui des lunettes. » C’est le test de Maddox, qui sert à dépister le strabisme.

Des lunettes de chantier

« Pendant les travaux, on voulait transformer le chantier en un acte culturel, raconte Sophie Ricard, coordinatrice générale de l’Hôtel Pasteur. L’idée des sources de lumières ponctuelles, comme des fenêtres sur une façade échafaudée, était super. Tout d’un coup, le bâtiment vide est devenu mouvement. Et quand ils m’ont fait essayer les lunettes… » L’installation a rapidement motivé les artisans du chantier. Électriciens, couvreurs ont donné des coups de main au collectif. « C’était extra, ce rassemblement autour du projet. Puis les artisans sont revenus avec leurs familles, lunettes au nez, qui ont vu l’œuvre… et le chantier. » Sophie Ricard aime aussi l’idée que la vie des fabuleuses lunettes ne s’arrête pas là : « Un médecin que je connais les utilise pour vacciner les petits. Il leur demande de les diriger vers sa petite lampe frontale et, une fois l’attention détournée, la piqûre fait beaucoup moins mal. »

Des lunettes de mariée

Dans la vitrine du magasin de robes de mariées et de cocktail « Le cachet Royal », en face de l’installation, Françoise et Sandrine ont équipé les mannequins de lunettes magiques. « Les Tombées de la Nuit nous ont proposé d’en déposer dans la boutique. On en a vendu plus de 300 : ça en fait du passage ! C’était joyeux et rigolo », raconte Françoise. Les gens qui ont poussé la porte ont avoué qu’ils n’auraient jamais osé entrer dans la boutique, sinon. « C’était convivial, tout le monde était agréable, souriant, comme dans une ambiance de fête. Une dame a dit qu’elle reviendrait pour la robe de mariée de sa petite-fille. Un couple a acheté des lunettes pour les emmener aux États-Unis. » Rennaise depuis peu et très prise par son travail, Françoise ne connaissait pas Les Tombées de la Nuit : « Depuis, c’est drôle, je me sens davantage habitante de la ville. Et j’étais loin de m’apercevoir de tout ce qui s’y passait, avant d’en discuter avec tous ces acheteurs de lunettes ! »

Audrey Guiller

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