Bilan artistique
« Les toujours passionnantes Tombées de la nuit juste fierté rennaise, qui ne manque jamais une occasion de faire les choses pas comme les autres. » (Libération)
L’édition 2011 des Tombées de la Nuit restera gravée dans nos mémoires comme une édition forte en émotions… fortes ; et cela au delà de la (presque) traditionnelle guérilla avec les aléas météorologiques, qui finalement n’ont pas fait de victime : une seule annulation au bilan ; autant grâce à la motivation des artistes qu’à celle des rennais, jamais découragés face aux intempéries.
Les émotions fortes, ce sont d’abord celles que nous avons partagé avec la Linéa et sa Structure Phénomène, installée sur la dalle Kennedy, dès fin juin. Un projet un peu fou, une utopie même : réussir, en complicité avec les habitants de ce quartier, à élever une structure de 5 ballons oblongues de 15 mètres chacun, gonflés à l’air, reliés ensemble et accrochés en de multiples points aux immeubles entourant la dalle…
Plus qu’un spectacle, il s’agissait de partager une expérience… Alors oui, peut-être, la structure s’est-elle envolée quelques heures après l’ouverture du festival, peut-être un ballon a-t-il explosé sous la pression du vent dès le lendemain… mais finalement, pour les centaines de participants, actifs ou simples spectateurs, l’aventure fut totale : mélange complexe de partage d’expériences techniques, de propositions artistiques fortes et de médiation sociale. Qui dit mieux ?
Autre émotion forte : les nombreux projets de danse ou de performances dans l’espace public (Triptyque de Pedro Pereira,Picnik de Roberta Dance Compagnie, Nal Bôa de Ex Nihilo, Ultime Exil de Giolisu, Carton par la Cie des Sirventes, Reprendre son souffle par Là Où Théâtre…). Sans doute certains de ces projets étaient-ils exigeants et sombres, reflet d’un regard critique sur le monde contemporain et ses failles… Mais qui osera reprocher à des artistes contemporains de rendre compte du monde et de ses parts d’ombre ?
Heureusement, l’humour ou la poésie pure étaient aussi au rendez-vous, principalement dans le Parc du Thabor, qui se vit envahi, dès mardi, d’un public impatient d’aller à la rencontre des propositions joyeuses ou poétiques de Velodroom, de la 4L infernale, du duo danseur-cheval « Ma Bête noire », de la boîte musicale « Ici ou Ailleurs La Maison » du Théâtre à L’Envers, ou encore du duo burlesque de l’Atelier Lefeuvre & André pour « Entre Serre et Jardin »…
Et puis, bien entendu, la musique ! Encore une fois, l’Opéra a servi d’écrin idéal (et complet !) pour 5 propositions dont 2 exclusives. Et à chaque fois une « standing ovation », tant pour le rock épuré de Syd Matters, le spectacle musical de L’Orchestre d’Hommes-Orchestres joue à Tom Waits , le Juan Carmona Septet , le trio cubain d’ Harold López-Nussa ou que la pop (avec orchestre) de Peter Von Poehl. Musique également au Thabor, pour des soirées sensibles ou plus festives qui en firent voir de belles au plancher tout neuf de notre splendide Baraque-scooter…
Et en conclusion de cette longue énumération (qui a sans doute omis quelques perles), citons les propositions sensibles de la chorégraphe suisse Nicole Seiler et du catalan Roger Bernat : deux projets qui ont mis chacun à leur façon le spectateur au cœur de leur processus artistique, nous transformant en danseurs, voyeurs actifs ou véritables acteurs envahissant l’espace public.
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