Fugitifs de l’art moderne
© Parade Moderne © Yvan Clédat

Création des plasticiens Yvan Clédat et Coco Petitpierre, La Parade Moderne est composée de dix personnages sculptés inspirés de peintures célèbres du XXe siècle. Quand l’art s’échappe des tableaux…

Des sculptures qui marchent en ville : d’où vous vient cette drôle d’idée ?

Coco Petitpierre : Au départ, une biennale d’art contemporain nous a commandé une œuvre en extérieur. Plutôt que de poser une sculpture, nous avons eu envie d’une oeuvre en mouvement. La parade Moderne s’inspire de têtes de carnaval, sauf qu’elles n’ont rien d’éphémères. Ce sont des sortes de bijoux précieux qui défilent. La déambulation mélange joie carnavalesque et procession plus solennelle. Les personnages sculptés sont inspirés de détails de tableaux de Max Ernst, René Magritte ou Edvard Munch : des artistes tous décédés.

Qu’est-ce que le mouvement apporte à une sculpture ?

Les sculptures sortent du musée et vont chercher les gens. Elles interpellent : elles sont hyper graphiques et colorées, accompagnées d’une fanfare sonore. On aime que les œuvres surprennent le public, parce qu’elles ne sont pas là où on les attend. Et la Parade, mobile, résonne avec son cadre. Son rythme lent rencontre le rythme plus rapide et les bruits de la ville. Elle a défilé dans 25 endroits, en France et ailleurs. Dans chaque lieu, elle croise des événements différents : parfois une foule de gens la suit, parfois elle contraste avec l’architecture, parfois elle surgit d’une forêt. Au Centre Pompidou, les sculptures ont défilé devant les véritables tableaux dont elles sont inspirées.

Tomber nez-à-nez avec la Parade, c’est voir l’art autrement, non ?

Oui, des gens qui n’avaient pas du tout l’intention d’aller au musée sont saisis par des oeuvres, par hasard. On adore. Chacun interprète les sculptures à son niveau : certains y voient des animaux, d’autres reconnaissent le tableau d’origine. À chaque fois, nous sommes aussi surpris par l’enthousiasme des porteurs des sculptures. Ce n’est pas une tâche facile, et pourtant ils sont ravis de le faire. C’est important pour nous, car leur corps et leur élan font partie de l’œuvre.

Audrey Guiller

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