Humans of Tombées de la Nuit
© DR

Ils sont comme tout le monde. Ils sont de tous les profils et de tous les âges. Ils habitent à Rennes ou dans les environs. Ils donnent de leur temps et sans eux le festival ne serait pas. Ils sont les invisibles des Tombées de la Nuit. «Ils», ce sont les habitants complices. Alors voici le portrait de quelques uns. Ils ont été invités à s’exprimer sur leur expérience et sur le festival. Et finalement, c’est peut être eux qui en parlent le mieux.

Gabriel

« J’ai connu les Tombées de la nuit en 2008 quand ils ont créé un espace au sein de Cleunay et invité notre centre social. Ma première fois d’habitant complice, c’était dans un quartier pavillonnaire où 30 habitants et 30 acteurs jouaient des scènes dans des maisons prêtées, c’était extra. Depuis, chaque année je suis habitant complice. Un souvenir marquant : le manège de vélocipèdes de Régis Masclet. Les gens pédalaient pour faire tourner le manège et, à la fin, ils descendaient et nous disaient merci ! Cette année, je suis ambassadeur pour Les Tombées de la Nuit, j’accompagne des groupes de personnes, des migrants, dans différents spectacles. Bien sûr que je serai là l’année prochaine ! »

Thierry

« Je connais les Tombées de la nuit depuis une dizaine d’année. Le déclic, je l’ai eu avec Les Veilleurs de Rennes , j’ai veillé sur la ville au coucher du soleil et c’était très fort. Cette fois-là, je me suis demandé qui était l’acteur et qui était le spectateur. Depuis, je suis habitant complice. Mon souvenir le plus fort : j’ai dansé à la prison des femmes de Rennes. Nous avons préparé le spectacle pendant un week-end entier avec un groupe de détenues et des habitants complices. C’était une expérience incroyable et très émotionnelle. Cette année, je suis ambassadeur, j’ai accompagné un groupe de jeunes, qui n’a pas accès facilement à la culture, voir des spectacles et j’aide sur Le Temps d’un Soupe. L’année prochaine ? Bien sûr que je serai habitant complice ! »

Aurélien

« Je suis habitant complice depuis bientôt deux ans. Mon premier projet a été celui de Workshop (Tombées de la nuit 2015). J’ai beaucoup aimé les gens rencontrés, l’ambiance et j’ai eu envie de continuer pour retrouver cet état d’esprit. Je participe depuis aux Causeries, où les Tombées de la nuit nous présentent les futurs projets et ceux pour lesquels nous pouvons participer en tant qu’habitant complice.
Mon projet préféré, c’est Color of Time, et surtout la répétition de la chorégraphie un jeudi soir dans la salle de la cité. J’ai aimé l’ambiance et la chaleur des participants. Bon, ma choré n’était pas parfaite mais quel super souvenir !
Cette année, j’ai aidé sur Le Temps d’une soupe à tous les postes : démarchage, inscription, service, accompagnement de la fin. J’ai envie de continuer à aider et partager ces moments avec Les Tombées de la nuit et les dimanches à Rennes. »

Alexandra

« Je suis devenue habitante complice lors des Veilleurs de Rennes (Les Tombées de la Nuit 2012). En tant que spectatrice je trouvais cela toujours déjanté, curieux, étonnant… et toujours joyeux. Pour les Veilleurs, il fallait s’impliquer d’une autre manière, c’était collectif et en même temps très personnel. Quand je suis allé aux réunions du soir pour les préparations, j’ai trouvé les gens très sympa. Alors je m’y suis dit: j’y retourne! Et ça ne m’a pas déçu. Aux Tombées, l’accueil est toujours bienveillant. J’ai un seul regret, c’est d’avoir loupé le projet Heroes (Les Tombées de la Nuit 2009) . Quand on écoute les anciens, cela a transformé leur vie. Mais de mon côté, aux Tombées j’ai fait des choses que je n’aurais jamais pensé oser faire. Cette année, je ne pouvais pas être habitante complice et ça me manque de ne pas être de l’autre côté. Il y a des chances que je revienne l’année prochaine ! »

Nicolas

« C’est ma première année en tant qu’habitant complice. J’aimais bien tout ce qu’il faisait aux Tombées, j’aime l’idée de faire se rencontrer les gens dans des lieux et des démarches inattendus. Il y a cette idée de se réapproprier l’espace urbain qui est très bien. On bouscule les habitudes et on se rend compte que ça fonctionne toujours bien. Sur le Temps d’une Soupe par exemple, globalement les gens apprécient ce moment et réalisent qu’on échange pas suffisamment. Cela permet de prendre le temps de se poser et de découvrir l’autre. Ce projet, je dis que c’est un Blablacar urbain. Au début, on s’oblige à découvrir l’autre, et c’est un peu ce qui a été reproduit sur Le Temps d’une Soupe. Et puis, on échange des points de vues, des expériences et on casse des à priori. C’est cela qui m’a séduit. »

Anthony

« C’est la première année pour moi aux Tombées de la Nuit. Un de mes amis m’en avait parlé et j’ai voulu tester. C’est pas ma première expérience de bénévolat, je participe au Roi Arthur, Quartiers d’été, Tam-Tam, le Feu au Lac. Mais à chaque fois, c’est différent. Aux Tombées, l’ambiance est bonne, on rencontre des gens qu’on croise dans la rue avec qui on aurait peut être jamais discuté. Je voulais participer à Le Temps d’une Soupe. Selon les sujets qu’on lance, il y a beaucoup de discussions, cela peut aller très loin. Ceux qui discutent peuvent comprendre des choses que ceux qui sont en dehors du binôme ne comprendrait pas. »

Hadda

« J’ai commencé sur le projet Handbag (Les Tombées de la Nuit 2014). Je participe de manière ponctuelle. Mais je trouve cela intéressant de retrouver des personnes que je connais et de vivre les spectacles de l’intérieur. Cela permet de mesurer le travail qui est fait en amont. Avec les Tombées de la Nuit, on découvre des quartiers. Pouvoir découvrir Rennes, cela me motive aussi à venir. Il y a des quartiers où je ne serais jamais allée. Hier encore, j’étais sur des chemins que je ne connaissais pas. L’équipe parle souvent de cette possibilité de s’approprier le territoire. C’est quelque chose que je ressens, s’approprier sa ville tout en étant avec l’autre.Je serais sûrement la l’année prochaine. Cela dépendra de ce qu’il y aura. Mais en tout les cas, j’irais au moins voir un spectacle ! »

Marie Anne

« Cela fait 7 ans que je participe aux Tombées de la Nuit. J’ai aimé l’ambiance. C’est un ami qui était souvent habitant complice qui m’a proposé de m’inscrire. Petit à petit en parlant avec d’autres personnes, on est devenu un bon petit groupe. Cela m’a apporté beaucoup de choses. Je suis bénévole dans plusieurs associations à Cleunay mais avec les Tombées j’ai pu rencontrer des personnes en dehors de ce cercle, que je n’aurais peut être jamais connu. On rigole bien. J’ai un très bon souvenir de Handbag (Les Tombées de la Nuit 2014), au Thabor. Cette année j’ai eu quelques problèmes de santé donc je ne pouvais pas être complice. Je viens quand même voir quelques spectacles. Mais l’année prochaine je serais de retour ! »

Michèle

« Cela fait 5 ans que je suis chaque année habitante complice. C’est comme un virus. La première année c’était les Veilleurs, ils avaient besoin de beaucoup de monde. Il y avait une ambiance participative qui m’intéressait. Après cela, dès qu’il y avait des réunions ou des projets, j’étais la. On rencontre des gens tout à fait différents. Des jeunes, des moins jeunes. Le cadre est spécial et à chaque fois il y a des choses innovantes. J’avais beaucoup aimé Handbag (Les Tombées de la Nuit 2014). Dès que j’entends Michael Jackson je repense à nos robes flashies. Et puis il y a eu La Course de la lenteur (Les Tombées de la Nuit 2014), c’était 10 minutes dans un autre temps. A chaque fois, les expériences sont variées et toujours intéressantes. »

L’année prochaine, ce sera peut être vous…

Emma Benda et Lucile Raguin

SUR LE MÊME SUJET
MENU