Loin des yeux, près du choeur
© Loin © Nicolas Joubard

Loin est la nouvelle création artistique de la Débordante Compagnie. Cinq danseuses et une chanteuse nous offrent un ballet contemporain et urbain. La scène qu’est le Mail paraît surdimensionnée. C’est le but.

« Scrutez l’horizon, elles devraient arriver » nous prévient la chorégraphe. Alors le public attend et observe. Le Mail François Mitterand sert de décor. Sur un banc une personne nous tourne le dos, cachée sous un sweat à capuche. Cela intrigue un peu sous cette chaleur.

Au loin des taches de couleur commencent à se détacher du béton gris. À mesure qu’elles se rapprochent, les couleurs deviennent silhouettes et les silhouettes deviennent visages. Elles avancent, synchronisées. Le public découvrent les cinq danseuses de la nouvelle création artistique de La Débordante Compagnie.

Les bruits de voiture, vélos et bavardages leur servent d’orchestre urbain. Et puis le sweat à capuche tombe révélant une sixième protagoniste. Une chanteuse lyrique dont la voix claire ne tarde pas à s’élever.

Les danseuses se croisent et s’entrecroisent dans des mouvements fluides. Un peu plus près, un peu plus loin. Elles se jouent de notre perception. La distance, les éléments du paysage et même les passants deviennent composantes de la performance. Et puis le jeu cesse, les danseuses avancent les mains en l’air comme en signe de paix. Tout près des spectateurs, elles nous regardent un à un, franchement. Rejointes par la chanteuse, elles reprennent en chœur. Un moment bref où les regards se soutiennent et les oreilles s’ouvrent. Déjà, les six femmes repartent. Loin.

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